Dave Phillips - Songs Of A Dying Species

CDR, 2015, Noisendo, Portugal.   Available

edition of 90

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REVIEWS

Früher nannte man sie Wilde – Menschen, die in vormodernen, meist verwandschaftlich organisierten Gemeinschaften leben und ihr Wirtschaften und ihre Mythen nach den Abläufen der Natur ausrichten. Später sprach man von Stammesgesellschaften oder von Naturmenschen. Ist es falsch, solche Begriffe noch immer zu gebrauchen? Ja, vorausgesetzt, man betrachtet die derzeitige Zivilisationsform mit all ihren Kollateralfolgen, die Mitteleuropa global durchsetzte, als einzig erstrebenswertes Modell und als Maß für alles andere. Pflegt man zu alldem eine gewisse Distanz, kann „wild“ bei allem Befremden eine neutrale oder je nach Intention sogar positive Vokabel sein. Claude Levi-Strauss machte das ganz gut vor. Dave Phillips, für den viele zentrale Errungenschaften der Moderne das Resultat einer kolossalen historischen Fehlentwicklung darstellen, muss sich um keinen politisch korrekten Spießbürgerknigge scheren. „Songs of a dying species“, das mehr eine Art „Dave Phillips presents…“ darstellt, ist dem demographischen Niedergang „wilder“ Kulturformen gewidmet, deren Angehörige (laut einem abgedruckten Zitat aus Will Selfs “Great Apes”) in den letzten Jahrzehnten von mehreren Millionen auf zweihunderttausend geschrumpft sind. Während ein Großteil der so modernisierten nun in Armut und manchmal auch in Freiheit die Slums dieser Welt bevölkert, dokumentiert Phillips Reste wilder Praktiken im Rahmen ethnografischer Aufnahmen. Freilich wäre es kein Phillips-Release, hätte er nicht an manchen Stellen mittels Verfremdung eigene Akzente gesetzt. Auf den zwanzig kurzen Tracks der CDr hört man neben polyrhythmischem Metallrasseln und rituellen Gesängen von anheimelnder oder entmenschlichter Art auch die Stimmen und Geräusche von Straßenszenen und vieles, bei dem sich die Klänge der Menschen und der Natur mischen. Phillips beschränkt sich auf selbst bereiste Länder in Europa und v.a. Asien und ist dabei keineswegs an so etwas wie „ursprünglicher Reinheit“ interessiert. Die Wildheit, der er hier nachspürt, zeigt sich oft in den Nischen moderne(re)r Kulturen. So ist im entgrenzten Jubel türkischer Fußballfans ebenso viel Uriges erhalten wie im Mitschnitt einer Pekinger Theateraufführung, die zumindest in der hier hörbaren Aufnahme noch nicht vollends der Vermarktung und Trivialisierung anheimgefallen ist. Archaisches – auch dieses Wort muss fallen – findet sich auch in den monotheistischen Religionen, im katholischen und v.a. orthodoxen Christentum, im sufischen und schiitischen Islam und natürlich auch im traditionellen Judentum, dem er hier eine Aufnahme an der Jerusalemer Klagemauer widmet. Nicht weit davon entfernt und womöglich während des gleichen Aufenthalts führte er mit israelischen Künstlern eine Performance namens „Religion is Stupid“ auf. Widersprüchlich? Nicht unbedingt, aber es gibt einiges über und mit Phillips zu diskutieren, was demnächst auf diesen Seiten auch passieren wird.

(Uwe Schneider, African Paper)

Et à l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore en train d’écouter un de ces disques qui m’ont donné envie de reprendre cette page, et par lequel j’ai envie de commencer : Songs of a dying species de Dave Phillips. Il s’agit d’un CDR publié en tirage très limité (90 exemplaires) par le label portugais Noisendo (qui a également édité le dernier Joe Panzner, également recommandé). Evidemment, il est trop tard pour se procurer le CD, mais pour les intéressés, SOADS reste toujours disponible sur bandcamp (voir lien ci-dessous). Au cours de ses tournées en Asie, Dave Phillips a enregistré les témoignages sonores des derniers “hommes sauvages” (entendre par là les derniers hommes les plus extérieurs au système capitaliste et au mondialisme j’imagine). Ainsi, principalement en Indonésie, mais aussi à Taïwan, au Japon, en Chine, au Vietnam, en Thaïlande, en Corée du Sud, mais également en Israel, en Russie et en Suisse, Dave Phillips a compilé différentes traces musicales séculaires. Toutes les qualités d’un excellent musicien utilisant les field-recordings appliquées à l’éthnomusicologie. Dave Phillips utilise ici des enregistrements de rituels religieux, de cérémonies civiles, de défilés populaires, d’événements sportifs, de marchés alimentaires, etc. Il s’agit d’études éthnographiques en quelque sorte, mais plus encore. Car Dave Phillips possède l’art du montage, de l’enregistrement et du mixage, en plus d’être un grand spécialiste des effets psychoacoustiques. Avec toutes ces qualités, il a su capter et laisser percevoir ce que ces enregistrements célèbrent, impliquent émotionnellement, mais aussi leur trace historique et la présence humaine. Des enregistrements au cœur des hommes, au cœur du son, au cœur de l’histoire. Gâce au montage et à l’assemblage, c’est aussi Dave Phillips qui raconte une histoire, son histoire et la nôtre. C’est celle de la musique et de l’homme, du lien affectif et social qui unit les humains au son. L’histoire de la musique et du son comme expression fondamentale et dénuée de tabous. La musique humaine permet d’exprimer une situation affective et/ou sociale dans toute sa pureté, sans être noyée dans les conventions. La musique de l’homme primitif ou “sauvage” est l’expression pure de sentiments, de croyances, de foi, avant l’établissement de codes esthétiques dictés par la valeur marchande. SOADS collectionne ces traces pures de la musique et de l’homme originels. Du chant orgiaque des foules aux psalmodies intimes des moines, des cornes qui résonnent comme le cri d’une ville entière aux percussions polyrythmiques, Dave Phillips saisit une multitude de formes et raconte l’histoire d’une humanité qui a besoin de la musique pour s’exprimer, et qui parvient à toujours inventer une forme esthétique adaptée à chaque situation (historique, géographique, politique, émotionnelle, etc).

(Julien Héraud, Improv Sphere)